La fiscalité des expatriés au Panama repose sur un principe simple à énoncer, mais souvent mal compris : le pays applique un régime territorial, qui n'impose que les revenus produits sur son sol. Vos revenus de source étrangère — salaire versé par une entreprise étrangère, dividendes, pension, loyers d'un bien situé ailleurs — ne sont donc pas taxés au Panama, quel que soit votre statut de résident. Mais cette règle panaméenne ne dit rien de ce que votre pays d'origine continue, ou non, à vous réclamer. C'est ce second volet, trop souvent oublié, qui détermine si l'installation au Panama allège réellement votre fiscalité.
Comment fonctionne le régime fiscal territorial panaméen ?
Le système panaméen taxe les revenus selon leur source, et non selon la nationalité ou la résidence de celui qui les perçoit. Concrètement :
- les revenus générés par une activité, un bien ou une entreprise situés au Panama sont imposables localement, selon un barème progressif ;
- les revenus de source étrangère — même perçus par un résident fiscal panaméen — restent hors du champ de l'impôt panaméen sur le revenu.
Pour un salarié ou un indépendant exerçant depuis le Panama pour des clients ou un employeur panaméens, l'impôt local s'applique par tranches, avec un taux marginal qui peut atteindre 25 % sur les tranches les plus élevées. En revanche, un retraité percevant sa pension depuis l'étranger, un investisseur dont les dividendes proviennent de sociétés étrangères, ou un consultant qui facture exclusivement des clients hors du Panama : ces revenus ne sont, en principe, pas taxés au Panama.
S'installer au Panama suffit-il à ne plus être imposé dans son pays d'origine ?
C'est le point le plus mal compris, et le plus important à clarifier avant tout projet. Déménager physiquement ne suffit pas, à lui seul, à faire cesser votre résidence fiscale d'origine. La plupart des pays occidentaux ne se fondent pas uniquement sur le lieu où vous vivez, mais sur un ensemble de critères — foyer familial, centre des intérêts économiques, durée de présence — qui peuvent continuer à vous rattacher fiscalement à votre pays de départ, même après votre installation au Panama.
Le régime territorial panaméen change donc ce que le Panama vous demande, pas nécessairement ce que votre pays d'origine continue de vous demander. Les deux questions doivent être traitées séparément.
Ce qui change concrètement selon votre pays d'origine
Les règles de rupture de résidence fiscale varient fortement d'un pays à l'autre. Voici un aperçu, à affiner selon votre situation.
- France : la résidence fiscale est définie par l'article 4B du Code général des impôts, selon trois critères alternatifs — il suffit qu'un seul soit rempli pour rester résident fiscal français : avoir en France son foyer ou son lieu de séjour principal, y exercer son activité professionnelle principale, ou y avoir le centre de ses intérêts économiques. Le seuil de 183 jours souvent cité n'est qu'un indice parmi d'autres, ni automatique ni suffisant à lui seul.
- États-Unis : les citoyens américains sont un cas particulier, car leur imposition est fondée sur la nationalité, pas sur la résidence. Un citoyen américain reste redevable de l'impôt fédéral sur ses revenus mondiaux même en vivant au Panama, et doit déclarer chaque année à l'IRS. Un mécanisme, l'exclusion des revenus étrangers du travail (Foreign Earned Income Exclusion), permet toutefois d'exclure une partie des revenus d'activité gagnés à l'étranger — jusqu'à 132 900 dollars par personne pour l'année fiscale 2026 — sous conditions de résidence ou de présence physique hors des États-Unis. Cette exclusion ne couvre pas les revenus passifs (dividendes, intérêts, pensions).
- Belgique : comme la France, la Belgique retient un faisceau d'indices (domicile réel, centre des intérêts vitaux et économiques) plutôt qu'un simple décompte de jours ; s'installer au Panama sans y transférer réellement son centre de vie ne suffit pas à rompre l'assujettissement belge.
- Canada : l'Agence du revenu du Canada distingue des liens de résidence primaires (logement, conjoint, personnes à charge restés au Canada) et secondaires. Rompre la résidence fiscale canadienne suppose de couper la majorité de ces liens, et déclenche en général un « impôt de départ » (departure tax) sur la plus-value latente de certains actifs détenus au moment du départ.
Dans tous les cas ci-dessus, quitter physiquement son pays ne suffit pas : c'est la rupture effective des liens personnels et économiques qui met fin à la résidence fiscale d'origine. Cette rupture doit être documentée et, selon le pays, peut avoir un coût fiscal ponctuel au départ. Faites confirmer votre situation précise avant de structurer votre projet.
Quels revenus restent taxables au Panama, même pour un résident étranger ?
Le régime territorial ne signifie pas absence totale d'imposition locale. Restent notamment concernés :
- les revenus d'un emploi ou d'une activité indépendante exercée au Panama ;
- les bénéfices d'une entreprise opérant sur le territoire panaméen ;
- les loyers perçus sur un bien immobilier situé au Panama ;
- certaines plus-values sur des biens immobiliers panaméens.
Le régime territorial est-il stable dans le temps ?
Historiquement stable, le cadre panaméen évolue néanmoins sous la pression des standards internationaux de transparence fiscale. La Loi 526 de 2026, entrée en vigueur pour l'exercice fiscal 2027, en est l'exemple le plus récent : elle introduit une exigence de substance économique réelle au Panama (personnel qualifié, locaux, dépenses) pour certaines entités appartenant à des groupes multinationaux et percevant des revenus passifs de source étrangère. Faute de substance suffisante, ces revenus perdent le bénéfice de la territorialité et deviennent imposables à un taux de 15 %.
Ce point mérite d'être connu de toute personne envisageant de loger des revenus passifs étrangers dans une société panaméenne. Il faut toutefois le remettre à sa juste échelle : la Loi 526 vise des structures d'entreprise liées à des groupes multinationaux, et non la situation fiscale d'un particulier résident percevant sa pension ou ses revenus personnels de l'étranger. Pour l'essentiel des expatriés individuels, le principe territorial reste pleinement applicable.
Quelles précautions prendre avant de structurer son installation ?
Avant de considérer le Panama comme un levier d'optimisation fiscale, il est utile de vérifier, dans l'ordre :
- si votre pays d'origine vous considère encore comme résident fiscal une fois installé au Panama, selon ses propres critères ;
- s'il existe une convention fiscale entre votre pays d'origine et le Panama susceptible de modifier ces règles — le réseau conventionnel panaméen étant limité, cette vérification est d'autant plus nécessaire ;
- quelles obligations déclaratives subsistent malgré le changement de résidence (déclaration annuelle pour un citoyen américain, par exemple) ;
- si un départ déclenche une imposition ponctuelle sur des actifs détenus (cas du Canada notamment).
Le Panama a un vrai atout fiscal pour un résident qui rompt effectivement ses liens avec son pays d'origine : ses revenus étrangers ne sont alors taxés nulle part sur ce territoire. Mais cet atout ne se matérialise que si la rupture de résidence fiscale d'origine est réelle et documentée — pas simplement supposée du fait de l'installation physique.
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal individualisé. Les règles de résidence, seuils et taux mentionnés varient selon les pays et évoluent : à revérifier au moment de structurer votre projet, idéalement en croisant les règles de votre pays d'origine avec celles du Panama.
Sources : Code général des impôts français, article 4B (résidence fiscale) ; Internal Revenue Service (IRS), Foreign Earned Income Exclusion, section 911 de l'Internal Revenue Code (plafond 2026 : 132 900 $) ; Agence du revenu du Canada, règles de résidence fiscale et impôt de départ des émigrants ; Loi 526 de 2026 sur la substance économique (Gaceta Oficial de Panamá n° 30534-B, 28 mai 2026).
The tax regime for expatriates in Panama is based on a principle that is simple to state but often misunderstood: the country applies a territorial tax system, which taxes only income generated within its borders. Your foreign-sourced income — such as a salary paid by a foreign company, dividends, a pension or rent from property located elsewhere — is therefore not taxed in Panama, regardless of your residency status. However, this Panamanian rule says nothing about whether your country of origin will continue to claim tax from you. It is this second aspect, all too often overlooked, that determines whether moving to Panama actually reduces your tax burden.
How does Panama’s territorial tax regime work?
The Panamanian system taxes income according to its source, rather than the nationality or residence of the recipient. In practical terms:
- income generated by an activity, asset or business situated in Panama is taxable locally, according to a progressive tax scale;
- income from foreign sources — even if received by a Panamanian tax resident — remains outside the scope of Panamanian income tax.
For an employee or self-employed person working from Panama for Panamanian clients or an employer, local tax is applied in brackets, with a marginal rate of up to 25 per cent on the highest brackets. On the other hand, a pensioner receiving their pension from abroad, an investor whose dividends come from foreign companies, or a consultant who invoices clients exclusively outside Panama: such income is, in principle, not taxed in Panama.
Is moving to Panama enough to avoid being taxed in your country of origin?
This is the most commonly misunderstood point, and the most important one to clarify before undertaking any project. Moving there physically is not, in itself, sufficient to terminate your original tax residence. Most Western countries do not base their assessment solely on where you live, but on a set of criteria — family home, centre of economic interests, length of stay — which may continue to link you fiscally to your country of origin, even after you have settled in Panama.
Panama’s territorial tax regime therefore changes what Panama requires of you, not necessarily what your country of origin continues to require. The two issues must be dealt with separately.
What actually changes depending on your country of origin
The rules governing the termination of tax residency vary significantly from one country to another. Here is an overview, which should be tailored to your specific situation.
- France: tax residence is defined by Article 4B of the General Tax Code, based on three alternative criteria — meeting just one is sufficient to remain a French tax resident: having one’s home or principal place of residence in France, carrying out one’s main professional activity there, or having the centre of one’s economic interests there. The often-cited 183-day threshold is merely one indicator amongst others; it is neither automatic nor sufficient on its own.
- United States: US citizens are a special case, as their taxation is based on nationality, not residence. A US citizen remains liable for federal tax on their worldwide income even whilst living in Panama, and must file an annual return with the IRS. However, a mechanism known as the Foreign Earned Income Exclusion allows a portion of income from employment earned abroad to be excluded — up to $132,900 per person for the 2026 tax year — subject to conditions regarding residence or physical presence outside the United States. This exclusion does not cover passive income (dividends, interest, pensions).
- Belgium: like France, Belgium relies on a set of indicators (actual domicile, centre of vital and economic interests) rather than a simple count of days; moving to Panama without actually transferring one’s centre of life there is not sufficient to sever Belgian tax residency.
- Canada: the Canada Revenue Agency distinguishes between primary residence ties (accommodation, spouse, dependants remaining in Canada) and secondary ties. Terminating Canadian tax residence requires severing the majority of these ties and generally triggers a ‘departure tax’ on the unrealised capital gains of certain assets held at the time of departure.
In all the above cases, simply leaving the country physically is not enough: it is the effective severing of personal and economic ties that brings an end to the original tax residence. This severance must be documented and, depending on the country, may incur a one-off tax cost upon departure. Please have your specific situation confirmed before finalising your plans.
What income remains taxable in Panama, even for a foreign resident?
The territorial tax regime does not mean a total absence of local taxation. The following, in particular, remain subject to tax:
- income from employment or self-employment carried out in Panama;
- profits from a business operating within Panamanian territory;
- rental income from property situated in Panama;
- certain capital gains on Panamanian property.
Is the territorial tax regime stable over time?
Although historically stable, the Panamanian framework is nevertheless evolving under pressure from international standards on tax transparency. Law 526 of 2026, which came into force for the 2027 tax year, is the most recent example of this: it introduces a requirement for genuine economic substance in Panama (qualified staff, premises, expenditure) for certain entities belonging to multinational groups and receiving passive income from foreign sources. In the absence of sufficient substance, such income loses the benefit of territoriality and becomes taxable at a rate of 15 per cent.
This point is worth noting for anyone considering channelling foreign passive income through a Panamanian company. However, this must be put into perspective: Law 526 targets corporate structures linked to multinational groups, and not the tax situation of a resident individual receiving a pension or personal income from abroad. For the vast majority of individual expatriates, the territorial principle remains fully applicable.
What precautions should you take before planning your move?
Before considering Panama as a means of tax optimisation, it is advisable to check, in the following order:
- whether your country of origin still considers you a tax resident once you have settled in Panama, according to its own criteria;
- whether there is a tax treaty between your country of origin and Panama that might alter these rules — given that Panama’s network of tax treaties is limited, this check is all the more necessary;
- what reporting obligations remain despite the change of residence (an annual return for a US citizen, for example);
- whether leaving triggers a one-off tax on assets held (as is the case in Canada, for example).
Panama offers a genuine tax advantage for residents who effectively sever their ties with their country of origin: their foreign income is then not taxed anywhere within Panamanian territory. However, this advantage only materialises if the severance of the original tax residence is genuine and documented — not merely assumed on the basis of physical relocation.
This content is provided for information purposes only and does not constitute personalised tax advice. The residency rules, thresholds and rates mentioned vary by country and are subject to change: please double-check them when planning your arrangements, ideally by comparing the rules of your country of origin with those of Panama.
Sources: French General Tax Code, Article 4B (tax residence); Internal Revenue Service (IRS), Foreign Earned Income Exclusion, Section 911 of the Internal Revenue Code (2026 threshold: $132,900); Canada Revenue Agency, tax residence rules and emigration tax; Law 526 of 2026 on economic substance (Gaceta Oficial de Panamá No. 30534-B, 28 May 2026).
La fiscalidad de los expatriados en Panamá se basa en un principio sencillo de explicar, pero que a menudo se malinterpreta: el país aplica un régimen territorial, que solo grava los ingresos generados en su territorio. Por lo tanto, sus ingresos de origen extranjero —salario abonado por una empresa extranjera, dividendos, pensiones, alquileres de un inmueble situado en otro lugar— no están sujetos a impuestos en Panamá, independientemente de su situación de residencia. Sin embargo, esta norma panameña no dice nada sobre si tu país de origen sigue reclamándote impuestos o no. Es este segundo aspecto, que con demasiada frecuencia se pasa por alto, el que determina si instalarte en Panamá te supone realmente una reducción de tu carga fiscal.
¿Cómo funciona el régimen fiscal territorial panameño?
El sistema panameño grava los ingresos según su origen, y no según la nacionalidad o la residencia de quien los percibe. En concreto:
- los ingresos generados por una actividad, un bien o una empresa ubicados en Panamá están sujetos a tributación local, según una escala progresiva;
- los ingresos de origen extranjero —incluso si los percibe un residente fiscal panameño— quedan fuera del ámbito del impuesto sobre la renta panameño.
En el caso de un asalariado o un autónomo que ejerza su actividad desde Panamá para clientes o un empleador panameños, el impuesto local se aplica por tramos, con un tipo marginal que puede alcanzar el 25 % en los tramos más altos. Por el contrario, en el caso de un jubilado que perciba su pensión desde el extranjero, un inversor cuyos dividendos procedan de sociedades extranjeras o un consultor que facture exclusivamente a clientes fuera de Panamá, estos ingresos no están, en principio, sujetos a impuestos en Panamá.
¿Basta con establecerse en Panamá para dejar de estar sujeto a impuestos en su país de origen?
Este es el aspecto más malinterpretado y el más importante que hay que aclarar antes de cualquier proyecto. El simple hecho de trasladarse físicamente no basta, por sí solo, para dejar de tener su residencia fiscal en el país de origen. La mayoría de los países occidentales no se basan únicamente en el lugar donde vive, sino en un conjunto de criterios —hogar familiar, centro de intereses económicos, duración de la estancia— que pueden seguir vinculándole fiscalmente a su país de origen, incluso después de haberse establecido en Panamá.
Por lo tanto, el régimen territorial panameño modifica lo que Panamá le exige, pero no necesariamente lo que su país de origen sigue exigiéndole. Ambas cuestiones deben tratarse por separado.
Qué cambia concretamente según su país de origen
Las normas sobre la pérdida de la residencia fiscal varían considerablemente de un país a otro. A continuación le ofrecemos una visión general, que deberá adaptarse a su situación particular.
- Francia: la residencia fiscal se define en el artículo 4B del Código General de Impuestos, según tres criterios alternativos; basta con que se cumpla uno solo para seguir siendo residente fiscal francés: tener en Francia su hogar o su lugar de residencia principal, ejercer allí su actividad profesional principal o tener allí el centro de sus intereses económicos. El umbral de 183 días que se suele citar no es más que un indicio entre otros, ni es automático ni suficiente por sí solo.
- Estados Unidos: los ciudadanos estadounidenses constituyen un caso particular, ya que su tributación se basa en la nacionalidad, no en la residencia. Un ciudadano estadounidense sigue estando sujeto al impuesto federal sobre sus ingresos mundiales incluso si vive en Panamá, y debe presentar una declaración anual ante el IRS. No obstante, existe un mecanismo, la exclusión de los ingresos por trabajo en el extranjero (Foreign Earned Income Exclusion), que permite excluir una parte de los ingresos por actividad laboral obtenidos en el extranjero —hasta 132 900 dólares por persona para el ejercicio fiscal 2026 —, siempre que se cumplan los requisitos de residencia o presencia física fuera de Estados Unidos. Esta exclusión no cubre los ingresos pasivos (dividendos, intereses, pensiones).
- Bélgica: al igual que Francia, Bélgica se basa en un conjunto de indicios (domicilio real, centro de intereses vitales y económicos) en lugar de un simple recuento de días; establecerse en Panamá sin trasladar realmente allí el centro de vida no basta para dejar de estar sujeto a la fiscalidad belga.
- Canadá: la Agencia Tributaria de Canadá distingue entre vínculos de residencia primarios (vivienda, cónyuge, personas a cargo que permanecen en Canadá) y secundarios. Romper la residencia fiscal canadiense supone cortar la mayoría de estos vínculos y, por lo general, da lugar a un «impuesto de salida» (departure tax) sobre la plusvalía latente de determinados activos que se posean en el momento de la salida.
En todos los casos anteriores, abandonar físicamente el país no es suficiente: es la ruptura efectiva de los vínculos personales y económicos lo que pone fin a la residencia fiscal de origen. Esta ruptura debe documentarse y, según el país, puede suponer un coste fiscal puntual en el momento de la salida. Confirme su situación concreta antes de estructurar su proyecto.
¿Qué ingresos siguen estando sujetos a impuestos en Panamá, incluso para un residente extranjero?
El régimen territorial no implica una ausencia total de tributación local. Quedan sujetos a impuestos, en particular:
- los ingresos procedentes de un empleo o de una actividad por cuenta propia ejercida en Panamá;
- los beneficios de una empresa que opere en territorio panameño;
- los alquileres percibidos por un inmueble situado en Panamá;
- determinadas plusvalías sobre inmuebles panameños.
¿Es estable el régimen territorial a lo largo del tiempo?
Aunque históricamente ha sido estable, el marco panameño evoluciona, no obstante, bajo la presión de las normas internacionales de transparencia fiscal. La Ley 526 de 2026, que entró en vigor para el ejercicio fiscal de 2027, es el ejemplo más reciente: introduce un requisito de sustancia económica real en Panamá (personal cualificado, instalaciones, gastos) para determinadas entidades pertenecientes a grupos multinacionales y que perciben rentas pasivas de origen extranjero. A falta de sustancia suficiente, estos ingresos pierden el beneficio de la territorialidad y pasan a estar sujetos a un tipo impositivo del 15 %.
Es importante que toda persona que esté considerando canalizar ingresos pasivos extranjeros a través de una sociedad panameña conozca este aspecto. No obstante, hay que situarlo en su justa perspectiva: la Ley 526 se refiere a estructuras empresariales vinculadas a grupos multinacionales, y no a la situación fiscal de un particular residente que perciba su pensión o sus ingresos personales del extranjero. Para la mayoría de los expatriados particulares, el principio de territorialidad sigue siendo plenamente aplicable.
¿Qué precauciones hay que tomar antes de planificar su establecimiento?
Antes de considerar Panamá como una herramienta de optimización fiscal, conviene comprobar, en este orden:
- si su país de origen sigue considerándole residente fiscal una vez establecido en Panamá, según sus propios criterios;
- si existe un convenio fiscal entre su país de origen y Panamá que pueda modificar estas normas —dado que la red de convenios de Panamá es limitada, esta comprobación resulta aún más necesaria—;
- qué obligaciones declarativas persisten a pesar del cambio de residencia (declaración anual para un ciudadano estadounidense, por ejemplo);
- si la salida da lugar a una tributación puntual sobre los activos que posea (como ocurre, por ejemplo, en Canadá).
Panamá ofrece una verdadera ventaja fiscal para un residente que rompa efectivamente sus vínculos con su país de origen: en ese caso, sus ingresos extranjeros no se gravan en ningún lugar de este territorio. Pero esta ventaja solo se materializa si la ruptura de la residencia fiscal de origen es real y está documentada —no simplemente supuesta por el mero hecho de la instalación física—.
Este contenido se ofrece a título informativo y no constituye un asesoramiento fiscal personalizado. Las normas de residencia, los umbrales y los tipos impositivos mencionados varían según los países y están sujetos a cambios: conviene volver a verificarlos a la hora de estructurar su proyecto, idealmente cotejando las normas de su país de origen con las de Panamá.
Fuentes: Código General de Impuestos francés, artículo 4B (residencia fiscal); Servicio de Impuestos Internos (IRS), Exclusión de los ingresos obtenidos en el extranjero, sección 911 del Código de Impuestos Internos (límite máximo para 2026: 132 900 $); Agencia Tributaria de Canadá, normas de residencia fiscal e impuesto de salida para emigrantes; Ley 526 de 2026 sobre la sustancia económica (Gaceta Oficial de Panamá n.º 30534-B, 28 de mayo de 2026).